La tristesse comme dernier lien

27 fév

Je me souviens m’être accrochée à ma peine comme une naufragée.

Plus aucun lien possible, plus de repaire sur les cartes, au bord de la falaise, je lance des bouteilles à la mer. Le choc passé à la faveur de jours, de tristes joies s’invitent . Fugaces, un sourire fatigué, oublier un instant. Stupeur! Non, je ne veux pas être joyeuse car je vais finir de le perdre tout à fait.

La tristesse comme dernier lien, comme ultime richesse de temps fanés. Je la chéris, la cajole comme un nouveau né; douce souffrance, belle et noble et fidèle souffrance qui ne me quittera pas, pas comme toi… Elle est fiable, ma peine, toujours au rendez-vous, toujours prête quand on l’appelle, pas comme toi…

Mais une tristesse vieillis mal. Elle finis par puer, son odeur âcre et sinistre enveloppe tout. Finalement, le souvenir s’empourpre à son contact. Ce qui était noble devient vulgaire, ce qui était roc devient poussière alors il faut se décider à l’abandonner.

Parce que la tristesse ne doit pas être le dernier lien. Ce qui a compté perdure , les faibles rayons du soleil réchauffent les cœurs inondés et en regardant au loin, ce n’est plus la peine qui montre le chemin du passé mais le souvenir joyeux de ce que tu étais.

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