La perte

3 nov

C’est par la perte que nous débutons dans la vie.  Nous sommes arrachés au ventre de notre mère qui fait rempart entre nous et le monde, qui nous protège de l’angoisse qui déjà nous submerge.  Et puis, nous perdons l’unicité d’avec cette mère qui, au fil où l’on acquiert la liberté, s’éloigne toujours un peu plus: nous grandissons.

La conquête a débuté et l’on acquiert tout! Nos sens deviennent matures, on marche, on court, on explore, on choisis: on construit et nous avons vite fait de croire que c’est acquit pour toujours. L’amour, la confiance, la vie; tout nous est donné et nous consommons les jours dans cette société de potentialisation.

Vient alors la période faste de l’expression de notre potentialité: énergie, intellect, temps, la jeunesse pourvoyeuse donne tout aux individus sans conscience et l’on dévore comme des affamés, nos ressources: justement, on les potentialise. Dans cette quête d’optimisation du moi, voire du « nous, cette unité familiale que l’on dévoie avec les meilleurs intentions , on pers souvent de vue l’essentiel. On consomme notre vie et on finit par dévorer son essence… on commence à perdre.

Relation, fortune, capital santé s’envolent… Ne dit-on pas « Biens mal acquis ne profitent jamais »

On tente, dans la perte, de rester digne, de faire face car il faut être fort, car il faut être heureux car il faut faire « une œuvre d’art de sa vie »; encore, la potentialisation du capital guète…A quoi bon?

Pourquoi est-il si important ce bonheur, pourquoi chercher cette réalisation comme une exigence absolue d’être?

Nous, qui finalement perdons tout avec les années, les sens, de l’ouie à la vue; l’énergie, l’amour, la vie. On dit bye bye à la jeunesse, la chaleur de l’été fait place à l’automne, puis à l’hivers et l’on finit par perdre, tout.

Le but de notre vie ne pourrait-il être: Apprendre à perdre? Nous, tellement obsédés par le gain, la performance, le succès… Qui, finalement, ne rend pas tout ce qu’il a obtenu? Quelle importance du combien? Combien de temps, combien d’argent, combien d’amour, combien de respect, d’attachement, de liberté, de bouffe, de paquets de clope, de course à pied, de baise… Combien?  Encore… potentialiser…Plus, plus, plus!

Nous ne possédons rien que nous ne finissons par perdre, cela commence dés le premier cri et c’est parfait ainsi.

Pas encore de commentaire

Laisser une réponse

Les Chroniques d'Ahrun |
Des vers et des pas mûrs |
CAROLE BERGH |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Lapartitiondecéldesol
| Maman, qu'est-ce que t...
| Jardin poétique